Après les survitaminés Operator Please, ou les déjantés The Grates, l'Australie se démarque encore une fois : ce quator mené par la voix aerienne de Hayley Mary ne laissera pas indifférents les
fans de Metric, ou tout simplement les amateurs de mélodies dorées à l'or fin.
Super groupe composé de membres de Xiu Xiu et Zola Jesus, et mené par le touche-à-tout Freddy Ruppert, Former Ghosts sent le post-punk, l'éléctro foid et implacable, et la poésie des amours
desabusées. Hypnotique.
Non,Cercueil n'est pas un groupe gothique...Mais aime quand même les claviers, les rythmes sombres et les morceaux qui font tilt. Ce trio Lillois crée en tout cas la surprise,
entre electro rock acéré et pop expérimentale. Tout un programme.
Fondé sur les cendres du combo punk-riotgrrrl BangBangBang, Electrixcity prend le parti de nous faire danser jusqu'à ce que nos pieds saignent. Ritournelle electro-clash matinée du chant
clairement sexy de Natalie Chahal, 'LadyKiller' ne présage que du bon pour la suite. Vivement le EP.
Un peu de douceur dans ce monde de brutes...Converse est tombé sous le charme de cette jeune demoiselle à l'univers jazzy. Faites tourner!
26 septembre 2010. Dernier jour des Spectaculaires, festival parisien mélant théâtre, arts de rue et musique sur les bords de Seine, et premier passage en France pour la jeune
Rita Zipora, chanteuse nééerlandaise à l'univers un brin décalé.
La belle a pris ses quartiers sur la petite péniche La Dame de Canton, et compte bien y débuter une jolie histoire d'amour avec le public français. Accompagnée par ses trois musiciens, la jeune
femme (23 ans à peine) reprend des classiques tels que Devil May Care ou, plus pop, Don't Let Things Get You Down de Clapton... avant de s'essayer au français en interprétant un titre de l'un de
ses amis, le metteur en scène Angel Liégent. Ce morceau ('Belle A Croquer', touchante comptine d'une femme, disons, survoltée) porté par la voix acidulée et les poses mutines de Rita, fait
l'unanimité. Le poignant 'Tu Ne Dis Jamais Rien' (Leo Ferré) confirme ensuite que malgré son jeune âge, la jazzgirl maitrise, et émeut. Quand le showcase se termine, la petite péniche est
conquise. Une impression à confirmer lors d'une prochaine venue? On l'espere.
Une aventure haute en couleurs, en découvertes, en émotions, un final un brin nostalgique à l'heure du retour.Déjà la fin du voyage pour les trois
zèbres.En attendant la suite...
"Nous arrivons à 18h à Francfort. 10h de vol entourés d'allemands qui parlent allemand, mangent avec des
fourchettes. À 18h, il sera minuit en Chine. À Shanghai, les salons de massage seront encore ouverts deux heures. À Wuhan, c'est le coup de feu sur les trottoirs encombrés de tables et tabourets
en plastique, pour les stands sur roulettes de grillades, wok ambulants, odeurs sur chariots.
Le lendemain matin, ne resteront que quelques déchets que d'autres viendront ramasser, ceux-là pour
récupérer les bouteilles, ceux-ci pour vivre. À Pékin, depuis la tombée de la nuit, les travaux ont repris de plus belle. Les marteaux-piqueurs résonnent à chaque coin de rue, les prolos
n'existent pas, ce sont des Chinois, à cinquante pour une voirie, ils travaillent nuit et jour, un peu de temps en temps. Pelles et tractopelles s'échangent, et pendant que nous les regardions,
ils nous regardaient aussi. Et nous sommes entourés d'Allemands qui nous regardent, parce que Jérôme est pieds nus, parce que nous ne parlons pas chinois et pas allemand, parce qu'on boit du
rouge et on demande encore du café. Une femme est fatiguée de porter ses courses. Elle pose son sac sur les marches au coin de la rue où nous sommes assis à fumer une clope. Elle nous demande qui
nous sommes, notre âge, pourquoi passé 26 ans, nous ne sommes pas encore mariés, le temps qu'il fait en France, où en France. Ici à Shanghai, il fait souvent trop chaud, selon elle. La
quadragénaire était sexy, décolleté, talons hauts, élégante. Elle a repris son souffle, elle rentre chez elle en nous disant "babaï", nous de même, voilà Francfort, bus, Strasbourg,
adieu"
Nanjing/Wuhan/Chanshanan/Shenzhen/Xiamen :La suite des
aventures des 1984, avec quelques anniversaires, du café, la séquence animalière de rigueur, du foot, et les concerts sous la chaleur. Encore!!
"L’Argentine, l’Angleterre et l’Afrique du Sud font concurrence à 1984 ! L’équipe chinoise ne s’est pas qualifiée, mais les gens d’ici suivent la
coupe du monde avec assiduité. Dans tous les bars, ainsi que dans les trains, le métro, les bus et les ascenseurs de l’hôtel, on trouve une télé allumée : une Raï Uno italienne version parti
unique, du pain et des jeux. Dans les taxis, parfois, des écrans diffusent de la publicité : quelque chose a pourri au royaume coco.
Notre poussive équipe de France n’aura néanmoins pas empêché 1984 de faire salle comble à Nanjing. Le
public s’accumule et les heures de sommeil se comptent sur les doigts. Le lendemain nous jouions à Wuhan, dans l’un des deux bars concert de cette ville pour ses 9 millions d’habitants. Tout
petit, mais animé et convivial, repaire d’une poignée de vieux rockeurs et jeunes punks. Puis Changshanan, un grand bar avec dance floor, les tables se remplissent peu à peu, la sono diffuse du
Michael Jackson, Doors, Velvet, Iggy Pop, Janis Joplin, pendant que les habitués fouettent le billard. Après le concert, le patron nous invite à boire en sa compagnie, pour fêter son
anniversaire, puis nous reprenons le taxi, pour prendre le train, pour dormir quelques heures sur des couchettes, pour arriver à Guangzhou pour y jouer le surlendemain. Bref, la routine
s’installe, nous sommes à la moitié de la tournée, nos yeux toujours grands ouverts, l’estomac toujours bien rempli, les rencontres riches, diverses et difficiles à résumer…
Guangzhou, Lundi matin, jour off pour
1984 et jour férié pour les chinois : les rues sont envahies par la foule, les magasins assaillis et le blond de la troupe (moi-même) montré du doigt. Nous nous rendons au marché aux
animaux, dans de petites rues sinueuses et étroites, où de jeunes chiots et chatons dorment, miaulent, aboient, piaffent dans des cages. À notre approche les vendeurs frappent les bords des cages
pour les faire bouger. Ici, une jeune chinoise en short rose lit un magazine dans un transat, balançant nonchalamment ses pieds nus à 20 centimètres au-dessus d’une bassine grouillante de petits
scorpions blancs, les pires de tous. Là, un stand de DVD mélange allègrement les superproductions américaines et les pornos locaux, « very good » selon le vendeur. Je ne dénoncerai pas
celui qui sort son billet “pour lui faire plaisir”… Les bijoux côtoient les poissons, des tortues de toutes tailles se préparent psychologiquement à sauter hors de leur bassine et piquer un
sprint, rejoindre les salamandres. Quelques oiseaux colorent la morne attente des lapins apeurés. Plus loin, le marché aux épices embaume le quartier, entre plantes aromatiques et médicinales, on
trouve également diverses écorces, racines, substances… Çà et là, des peaux de serpents, de lézards, ou des cartons pleins d’hippocampes séchés.
Le lendemain soir, concert dans un
petit bar branché. Le public chinois gesticule peu, mais crie et applaudit fort. Jérôme s’arrache les cheveux à la console parce que la voix d’Etienne sature et les câblages sont aberrants. Un
compresseur et un equalizer externes de bonne marques ne sont là que pour le décor.
À
l’intérieur, il fait chaud, dehors on étouffe. Le climat devient tropical. En sortant de la gare, la veille, ma caméra s’est remplie de buée. L’air est saturé d’humidité, il doit faire entre 40
et 45 degrés, le temps est brumeux en permanence, nos vêtements nous collent à la peau instantanément dès lors que nous quittons un lieu climatisé. À l’hôtel où nous logeons, une petite pancarte
nous indique la marche à suivre avec les prostituées : ne pas se laisser servir à boire par elle pour ne pas se réveiller avec un trou de mémoire et plus un rond, sortir couvert, etc… Mais
nous tout ce qu’on veut, oh yeah rock’n’roll mother fuckers, c’est la clim et au lit.
Mercredi, Shenzhen, une petite ville immense pas loin du littoral et de Hong-Kong. Ville
d’affaire, assez friquée, grosses bagnoles, grands immeubles, “peu” de monde et pas de marché aux animaux mais des allées de galeries et restos branchés. La suisse de la Chine, le Tyrol du
Sud-Est asiatique, la nef de Chicky-Buddha. Ce jour-là, c’est aussi l’anniversaire de Thomas, le batteur, et comme le mercredi, c’est Buitoni, on va fêter ça au Chianti dans l’immense
bar-salle-galerie-ciné dans lequel nous jouons ce soir et qui, aux heures creuses, fait également resto italien. Menu à 120 Yuan pour deux personnes : soupe de tomate (excellente), antipasti
(très fins), salade croquante (bellissimo balsamico), pizza pleine de grâce et… café, on en rêvait. La cuisine est véritablement très fine et délicate, même si le protocole occidental semble
échapper à la serveuse qui nous sert le café avant les plats.
Le soir concert de feu dans cette grande salle chic, les tables éclairées à la bougie se
remplissent et se désemplissent car tous se lèvent pour s’approcher, le son est excellent et nous vendons une bonne dizaine de CD à la fin (meilleur score jusque-là). Dont un au patron du lieu,
un vieux chinois rigolard (la soixantaine), habillé en marcel, avec qui nous jouons au baby-foot et qui nous bat à plate couture, s’esclaffant pour chaque but comme un enfant et sautant à pieds
joints la main sur le ventre comme un personnage de Tintin.
Nous en sommes aux trois quarts de la tournée, la routine n’en finit pas de nous désinstaller.
Aujourd’hui, 10 heures de trajet pour rallier Xiamen : nous sommes dans un bus, allongés sur des couchettes dans le sens de la marche, comme sur des chaises longues en regardant défiler le
paysage et ses paysans à chapeaux pointus. Mes compatriotes dorment tous depuis ce matin, il est 16h30, la soirée sera longue… Il est 16h30 ici, 10h30 chez vous, demain nous nous baignerons en
mer de Chine et vous irez attendre le week-end au travail.